blog.back.button
  • Décryptage

Décryptage : le triple impact du gaspillage alimentaire

Sven Ripoche

21 février 2022

Temps de lecture : 5'
 

Gaspillage alimentaire - gaspillage de fruits et légumes

On vous en parle souvent, car c’est notre raison d’être : la lutte contre le gaspillage alimentaire est le combat qui nous tient à cœur. Mais concrètement, quel est l’impact de ces produits qui finissent dans nos poubelles, alors qu’ils pourraient être consommés ? Attachez vos ceintures, on vous embarque pour un tour d’horizon du gaspillage alimentaire et de ses conséquences !

Gaspillage alimentaire : de quoi parle-t-on au juste ?

Commençons par un petit rappel : le gaspillage, ce n’est pas seulement les restes de repas que l’on jette, le fond de yaourt qui part à la poubelle ou le fromage oublié au fond du frigo, loin de là ! Bien qu’effectivement un tiers du gaspillage est causé par les particuliers, nous ne sommes pas les seuls fautifs.

Surproduction, calibrage trop strict, mauvaise gestion des stocks, ou non-respect de la chaine du froid : les acteurs de la production et de la distribution ont également une part de responsabilité.

Si la première image qui nous vient à l’esprit lorsque l’on parle de gaspillage alimentaire est généralement un fruit ratatiné oublié dans une corbeille, les fruits et légumes ne sont pas les seuls aliments concernés. Les produits laitiers, les boissons, la viande, le poisson ou les céréales sont également jetés en grande quantité.

Selon une étude de l’ADEME publiée en 2016, rien qu’en France et tous aliments confondus, ce sont près de 10 millions de tonnes de nourriture qui sont mises à la poubelle tous les ans, soit près de 20% de la production totale.

En Europe, on parle de 88 millions de tonnes d’aliments gaspillés chaque année, soit 241 milliers de tonnes par jour. Enfin, au niveau mondial, on estime qu’un tiers des aliments produits pour la consommation humaine est gaspillé ! Ça en fait, des carottes tordues à la poubelle.

Le troisième pays le plus pollueur 🥉

Pour produire, conditionner, transporter et cuisiner nos aliments, de nombreuses ressources sont utilisées, que ce soit de l’électricité ou des matières premières. En jetant ces aliments, c’est comme si nous jetions toutes ces ressources en même temps ! Et, en plus, ces déchets ne disparaissent pas comme par enchantement : les décharges et usines d’incinération génèrent énormément de pollution atmosphérique, terrestre et marine.

L’empreinte carbone du gaspillage alimentaire est donc énorme : il représente 8% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. En comparaison, c’est presque 7 fois le volume total émis par la France. Selon la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le 3ème pays le plus pollueur, juste derrière la Chine et les États-Unis !

Le gaspillage alimentaire est également un gaspillage d’eau monstrueux : à titre d’exemple, une baguette qui n’est pas vendue, et qui part à la poubelle, aura nécessité 200 litres d’eau pour sa fabrication, soit l’équivalent d’une baignoire remplie à ras bord.

Au total, la nourriture gaspillée chaque année représente une perte de 250 km3 d’eau, soit trente fois le Loch Ness : c’est Nessie 🦕 qui ne doit pas être content…

Gaspillage alimentaire - loch ness

Photo : juste une belle photo du Loch Ness, pour se rendre compte de la taille...

Gaspillage alimentaire et gâchis d’argent

Ce n’est pas nouveau : le gaspillage a un coût financier énorme. Jeter des aliments, c’est comme jeter directement de l’argent à la poubelle ! Toujours d’après l’ADEME, le gaspillage alimentaire représenterait une perte de 16 milliards d’euros chaque année, soit un montant deux à trois fois plus élevé que le fameux « trou de la Sécu ».

Avec en moyenne 30 kg de nourriture jetée — dont 7 kg encore emballée 😱 — par Français et par an (soit un repas toutes les semaines), la facture est salée pour les particuliers. Le gaspillage nous coûte environ une centaine d’euros par personne tous les ans : l’équivalent d’une semaine de courses pour un foyer avec enfants !

Du côté des producteurs, l’impact financier du gaspillage est également conséquent. En se basant sur une étude menée avec une douzaine d’exploitations agricoles, l’ADEME a estimé que le gaspillage représentait un manque à gagner de 20 % de leur chiffre d’affaires.

Que ce soit à cause d’un tri trop strict, de mauvaises manipulations abimant les aliments ou encore d’un mauvais conditionnement, les agriculteurs sont également contraints de jeter une partie de leur production, ce qui réduit de facto leurs bénéfices (découvrez notre article à ce sujet).
 
Gaspillage alimentaire - gaspillage de pommes sur le bord du champ

Moins de gaspillage, plus de partage : un enjeu éthique

Qui n’a jamais entendu, quand il était enfant, la fameuse phrase « finis ton assiette, il y a des gens qui ont faim dans le monde ! ». Il se trouve que nos parents n’avaient pas tort : avec seulement la moitié de la nourriture gaspillée par les pays industrialisés chaque année, on pourrait nourrir l’ensemble des populations souffrant de sous-nutrition.

Alors, on ne va pas vous dire que finir votre assiette d’épinards mettra un terme à la faim dans le monde. Cependant, le gaspillage alimentaire soulève sans conteste une question d’éthique : plus d’une personne sur 10 éprouve des difficultés à se nourrir correctement tous les jours, rien qu’en France !

D’ici 2050, on estime que la population mondiale atteindra 9 milliards d’individus : il est donc grand temps de mettre fin au gaspillage alimentaire afin de permettre à chacun de manger à sa faim.

Lutter contre le gaspillage, un défi collectif !

Du champ à l’assiette, nous sommes tous responsables d’une partie du gaspillage alimentaire. Avec le pacte national de lutte contre le gaspillage et la loi Egalim de 2018, le gouvernement a déjà pris de bonnes dispositions pour limiter le gaspillage dans la distribution et la restauration. L’objectif : réduire de moitié ce gaspillage d’ici 2025 !

En parallèle, de nombreuses initiatives ont déjà vu le jour : par exemple, Beesk se charge de récupérer des aliments invendables en grandes surfaces pour les revendre à des restaurateurs engagés. À Lyon, notre association partenaire Récup & Gamelles récupère des invendus pour les revaloriser et les proposer dans son épicerie solidaire.

Dans nos foyers, le gaspillage est souvent dû à une mauvaise conservation des aliments, ou à des dates limite de consommation dépassées. Pourtant, il existe des astuces simples pour éviter de jeter de la nourriture qui aurait pu être consommée :

  • Avant de faire ses courses, dresser un inventaire de ses placards pour éviter d’acheter des choses en double ;
  • Faire une liste de course, voire mieux : prévoir ses menus en avance pour n’acheter que les aliments nécessaires ;
  • Acheter les justes quantités en vrac ou à la coupe ;
  • Utiliser ses restes de repas dans des recettes anti-gaspi, ou les congeler (pratique les soirs de flemme 😴) ;
  • Utiliser l’appli Frigo Magic pour trouver de l’inspiration avec ce qu’il reste dans votre frigo ;
  • Ranger les produits frais avec la date de péremption la plus proche à l’avant de son frigo.

Et parce que le gaspillage se joue aussi au restaurant, n’oubliez pas de demander vos restes de repas à emporter ! Depuis le 1er juillet 2021, les restaurateurs ont l’obligation de vous proposer un doggy bag 😉.

discover.title

discover.first.subtitle

discover.first.description

discover.second.subtitle

discover.second.description

discover.third.subtitle

discover.third.description

button.baskets

newsletter.title

newsletter.description

newsletter.button

socials.title

socials.description

last.article.title

Au cœur de la crise agricole : entre impératifs économiques et exigences écologiques

Précarité financière, concurrence déloyale, réglementation européenne…,

Chers agriculteurs… Merci.

Et si on vous racontait comment on a décidé de répandre de l'amour pour cette Saint-Valentin 2024 ?

À quoi ressembleront nos hivers en 2050 ?